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Une nouvelle étude menée par le Centre de Recherche sur la Conscience et les Psychédéliques de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins apporte un éclairage sur les effets psychoactifs qui distinguent la psilocybine des autres substances psychoactives. Les résultats de cette étude montrent que les sentiments de spiritualité et/ou de lucidité jouent un rôle important dans la popularité de cette substance.

La nouvelle étude a été publiée dans la revue Psychopharmacology.

“Dernièrement, nous avons assisté à un regain d’intérêt pour la recherche sur les psychédéliques”, a expliqué Roland R. Griffiths, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement et auteur correspondant de la nouvelle étude.

“Les études du Centre de Recherche sur la Conscience et les Psychédéliques de Johns Hopkins et d’autres organismes suggèrent que la psilocybine, une molécule psychédélique classique, pourrait permettre de traiter diverses pathologies psychiatriques telles que la dépression et les troubles liés à la toxicomanie. Cette étude a cherché à répondre à une question simple mais quelque peu déroutante : Pourquoi consomme-t-on de la psilocybine ?

“La psilocybine, sous forme de champignons, est utilisée depuis des siècles pour ses effets psychoactifs. De récentes études américaines montrent que la consommation de psilocybine tout au long de la vie est relativement modeste et assez stable sur plusieurs décennies”, a expliqué Griffiths.

“Cependant, l’Institut national chargé de la lutte contre l’abus de drogues ne considère pas la psilocybine comme une drogue créant une dépendance dans la mesure où elle ne provoque pas de besoin incontrôlable de consommer, ne produit pas d’euphorie typique, ne provoque pas de syndrome de sevrage et n’active pas les mécanismes cérébraux associés aux drogues classiques liées à la consommation problématique.”

Dans l’étude en double aveugle, 20 participants en bonne santé ayant des antécédents de consommation d’hallucinogènes ont reçu des doses de psilocybine, de dextrométhorphane (DXM) et un placebo pendant cinq séances d’expérimentation.

“Le dextrométhorphane a été choisi pour être comparé à la psilocybine en raison de ses effets hallucinogènes similaires à ceux de la psilocybine, mais aussi parce que sa consommation non médicale est nettement plus faible, malgré sa grande disponibilité en tant que médicament contre la toux en vente libre”, a déclaré Griffiths à PsyPost.

Chaque session expérimentale a été espacée de deux à sept jours environ. Les sessions se sont déroulées dans un environnement semblable à une salle de séjour, où les participants ont été invités à s’allonger sur un canapé et à écouter de la musique.

Les participants ont effectué diverses évaluations au cours des sessions expérimentales et ont rédigé une brève description de leurs expériences par la suite. Pour finir, les participants ont rempli un questionnaire de suivi une semaine et un mois après leur dernière session.

Les chercheurs ont constaté que la plupart des participants avaient déclaré vouloir reprendre de la psilocybine. Mais seul 1 participant sur 4 a déclaré vouloir reprendre du DXM.

“L’étude a montré que plusieurs caractéristiques subjectives de l’expérience de la substance prédisaient le désir des participants de prendre à nouveau de la psilocybine : lucidité, caractère significatif de l’expérience, conscience augmentée de la beauté, effets sociaux positifs (plus d’empathie), humeur positive (paix intérieure), émerveillement et sensations mystiques”, a expliqué Griffiths.

Près de la moitié des participants ont estimé que leur expérience après la plus forte dose de psilocybine comptait parmi les plus significatives et les plus éclairantes de leur vie.

“L’étude apporte une réponse à l’énigme concernant les raisons pour lesquelles la psilocybine est utilisée depuis des centaines d’années, alors qu’elle ne partage aucune des caractéristiques utilisées pour définir les drogues classiques de consommation problématique. La réponse semble résider dans la capacité de la psilocybine à produire des changements uniques dans l’expérience consciente humaine qui donnent lieu à un véritable sens, à une plus grande lucidité, à l’expérience de la beauté et à des sensations de type mystique”, a déclaré Griffiths.

“Les recherches futures devraient déterminer s’il existe d’autres domaines subjectifs d’expérience subjective ou d’autres effets de la psilocybine qui motivent les gens à consommer de la psilocybine”.

L’étude, “Les caractéristiques subjectives de l’expérience de la psilocybine susceptibles d’expliquer son auto-administration par les humains : une comparaison en double aveugle de la psilocybine et du dextrométhorphane“, a été rédigée par Theresa M. Carbonaro, Matthew W. Johnson, Roland R. Griffiths.

 

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Article original : Eric W. Dolan /psypost.org

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