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Une enquête en ligne portant sur les rencontres d’entités pendant l’expérience de la DMT a révélé un large consensus autour de la présence d’une entité bienveillante, intelligente, aux caractéristiques d’outre-monde, souvent surprenante, manifestant un amour profond et inspirant confiance. L’enquête, menée par des chercheurs du Centre d’Études Psychédéliques de l’Université Johns Hopkins, a recueilli les réponses de 2 561 personnes et a mis en lumière les caractéristiques des rencontres d’entités lors d’expériences sous l’influence de la DMT. Les résultats de l’enquête ont été publiés ce mois-ci dans le Journal of Psychopharmacology.

“Pourquoi ces rencontres avec des entités ont-elles été principalement rapportées comme positives ? Nous ne le savons pas”, a reconnu le Dr. Alan K. Davis, chercheur responsable de cette étude et professeur adjoint à l’unité de recherche psychédélique de l’université Johns Hopkins.” Il est toutefois possible que pour la plupart des personnes, ces rencontres soient positives et qu’elles apportent un éclairage et une signification qui changent leur perspective sur ce qui est possible dans le monde/l’univers.

L’article souligne en outre l’homogénéité globale des participants à l’enquête, dont la plupart sont des hommes blancs américains célibataires. Pourtant, même au sein de cette cohorte, il y a eu quelques surprises. Dans son livre “True Hallucinations”, publié en 1989, l’ethnobotaniste et philosophe Terence McKenna a été le premier à utiliser le terme “elfes-machines” pour désigner les entités enjouées qu’il rencontrait pendant ses expériences avec la DMT, une expression qui a depuis été largement associé aux entités de la DMT dans la communauté psychédélique. Mais dans l’étude de Johns Hopkins, les entités étaient plus souvent décrites comme un “guide”, une “aide” ou un “être” que comme un “elfe”.

“Je pense que cela démontre qu’il y existe une plus grande variété d’entités qui n’ont pas été correctement définies ou décrites”, précise Davis.

Parfois, ces entités ont transmis des conseils sur l’avenir de l’humanité, ont offert un soutien ou une réprobation sur les choix de vie d’un des répondant à l’enquête et, dans un cas, lui ont enseignés les règles et les règlements de la NFL. Une grande majorité (72%) pense que ces entités continuent d’exister même après la fin de l’expérience, que ce soit dans cette dimension ou dans une autre, et plus de la moitié des répondants qui étaient athées avant l’expérience en sont venus à croire en un Dieu après leur rencontre avec une entité.

L’article évoque la possibilité d’intégrer la DMT dans un modèle thérapeutique similaire à celui actuellement envisagé pour la psilocybine et la MDMA, bien que l’auteur principal, le Dr. Roland Griffiths, directeur du Johns Hopkins’ Center for Psychedelic and Consciousness Research, insiste sur le fait que la molécule devrait subir la même batterie d’essais cliniques avant que cela n’arrive. Des progrès plus importants sont cependant envisagés pour éclairer les intersections neurothéologiques avec d’autres phénomènes anormaux comme les enlèvements par des extraterrestres et les “expériences de rencontre avec Dieu”, a indiqué Griffiths.

Christopher Timmermann, spécialisé dans la recherche sur la molécule de DMT et doctorant à l’Imperial College de Londres, qui a collaboré en 2018 à la conception et à la rédaction d’une étude sur la DMT et les expériences de mort imminente, se félicite de l’élucidation dans cette étude des visions provoquées par la DMT. Quant aux futures études, il est d’accord avec les chercheurs de l’Université Johns Hopkins pour poursuivre l’enquête neurothéologique, mais recommande également “d’approfondir les mécanismes sous-jacents qui peuvent induire des changements à long terme dans les croyances [concernant la nature de la réalité], tant au niveau psychologique que neuronal”.

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Article original : Justin Hampton /lucid.news

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