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Les hallucinations bouleversantes, l’euphorie et l’état de rêve qui caractérisent une expérience avec le diéthylamide de l’acide lysergique (LSD) pourraient trouver leur origine dans une surcharge sensorielle du cerveau.

C’est en tous cas ce qui ressort d’une étude publiée en janvier 2019 et qui expose les preuves d’une des principales théories concernant l’évolution du cerveau sous l’effet du LSD, laissant penser que cette substance chimique modifierait le fonctionnement d’une région spécifique du cerveau qui nous aide à interpréter l’information sensorielle.

Le thalamus agit comme une sorte de gardien sensoriel. À mesure que l’information sensorielle de l’environnement entre dans le cerveau, le thalamus filtre les éléments sans importance, ce qui permet au cerveau de traiter et de réagir de façon appropriée à l’information qui demande de l’attention – comme un klaxon de voiture qui vous avertit de ne pas traverser la chaussée.

Toutefois, cela n’est possible que si le thalamus fonctionne correctement. Dans une étude publiée en 2008, deux chercheurs ont émis l’hypothèse que les psychédéliques comme le LSD pouvaient interférer avec les capacités de filtrage du thalamus, entraînant une surcharge sensorielle dans le cerveau.L’article de janvier 2019 donne plus de poids à cette théorie. Les chercheurs se sont penchés sur la sérotonine, un neurotransmetteur qui a été associé aux psychédéliques dans le passé.

Le “filtre” sensoriel se déroule dans le thalamus, une région du cerveau influencée par l’activité de la sérotonine.

Pour vérifier si la sérotonine pouvait être impliquée dans le fonctionnement du thalamus pendant une expérience avec du LSD, les chercheurs ont donné du LSD à 24 personnes et ont bloqué leurs récepteurs sérotoninergiques. Les participants ont ensuite rempli un questionnaire sur les états de conscience modifiés pour déterminer qui avait ressenti les effets de la substance. Étonnamment, “tous les effets subjectifs de la substance induits par le LSD ont été annulés” en raison du blocage de la sérotonine.

En examinant l’activité cérébrale des participants pendant l’expérience avec le LSD, les chercheurs ont découvert que la substance réduisait l’activité d’un circuit neuronal – plus précisément l’influence du striatum sur le thalamus. Cela a ouvert le filtre thalamique à une partie spécifique du cortex appelée cortex cingulaire postérieur.

“Les résultats actuels mettent en évidence le rôle de la connexion du thalamus avec le cortex cingulaire postérieur dans les effets des psychédéliques”, indiquent les chercheurs.

Comprendre ce qui arrive exactement au cerveau sous l’effet du LSD pourrait être bénéfique pour les personnes souffrant de psychose et d’autres problèmes psychiatriques, dont les symptômes peuvent rappeler les effets d’une expérience psychédélique. Tout comme d’autres psychédéliques comme la psilocybine, le LSD attire beaucoup l’attention de la communauté médicale en tant que traitement pour un certain nombre de pathologies allant de l’alcoolisme à la dépression.

 

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Article originalClaire Cameron /inverse.com

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