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Les personnes qui affirment avoir développé un lien plus fort avec la nature après une expérience psychédélique ne font pas que raconter des histoires, selon de nouvelles recherches.

“Nous avons constaté une forte corrélation entre la quantité de psychédéliques consommés au cours de la vie et un lien fort à la nature, ainsi qu’une augmentation du lien à la nature avant et après l’expérience psychédélique”, ont déclaré les chercheurs dans une étude publiée le mois dernier dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health.

Pour mesurer l’influence des psychédéliques sur les perspectives concernant la nature, 654 personnes ayant l’intention de consommer des substances telles que les champignons à psilocybine, le LSD, l’ayahuasca, la DMT, la mescaline ou l’ibogaïne ont été invitées par le Centre de Recherche Psychédélique de l’Imperial College de Londres à participer à une étude en ligne. Les participants ont ensuite reçu des rappels par courriel “à plusieurs moments avant et après la date indiquée de leur expérience”.

À l’aide d’une analyse statistique, les chercheurs ont constaté que “la relation avec la nature augmentait de façon significative deux semaines, quatre semaines et deux ans après l’expérience psychédélique” et que l’expérience des participants augmentait les sentiments de “bien-être” lorsque leurs attitudes envers la nature augmentaient.

En d’autres termes, l’appréciation du monde naturel induite par les psychédéliques semble corréler à une bonne santé psychologique.

“Une corrélation positive significative a été observée entre les changements dans la relation avec la nature et les changements dans le bien-être psychologique”, ont écrit les auteurs.

“Les preuves présentées ici sont pertinentes pour les modèles de traitement psychédéliques en santé mentale et, face à la crise écologique actuelle, pertinentes aussi en matière de santé planétaire.”

De façon surprenante, les liens avec la nature ont été “non seulement maintenus, voire même amplifiés deux ans après l’expérience”. Selon les auteurs, les participants pourraient ressentir un “feed-back positif”, où la consommation de psychédéliques “a amené les personnes à rechercher par la suite une plus grande exposition à la nature”, renforçant ainsi les liens avec le monde naturel.

“Ces résultats indiquent le potentiel des psychédéliques pour induire des changements positifs durables dans la façon dont les humains interagissent avec leur environnement naturel”, ont écrit les auteurs.

L’équipe de recherche a noté que le rapport initial à la nature de l’échantillon était déjà “considérablement plus élevé que celui de populations démographiquement similaires”, mais que “cela pouvait s’expliquer par leurs expériences antérieures avec les psychédéliques – ce qui implique que l’utilisation antérieure de psychédéliques avait déjà causé une augmentation du rapport à la nature”.

“La qualité de l’expérience d’un individu avec un psychédélique est prédictive des résultats psychologiques ultérieurs à long terme – comme l’amélioration de la santé mentale. C’est un principe de plus en plus établi désormais.”

Selon les chercheurs, cette étude est “la première preuve empirique d’un rôle causal de l’utilisation de psychédéliques dans l’amélioration de la relation avec la nature chez un grand échantillon de participants en bonne santé”.

“En se connectant de manière significative avec la nature au cours d’une expérience psychédélique (surtout si l’expérience s’inscrit dans le contexte d’un environnement naturel agréable), des individus en bonne santé peuvent être plus enclins dans l’avenir à passer du temps dans la nature, adoptant ainsi des modes de vie plus sains et plus liés à la nature”, a conclu l’étude.

Les résultats de la recherche s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement national croissant visant à décriminaliser les psychédéliques aux États-Unis, à la suite des campagnes fructueuses menées l’an dernier à Denver pour réformer les lois qui criminalisent la psilocybine, et de celles, dans la ville d’Oakland, qui couvrent un plus large éventail de psychédéliques.

Decriminalize Nature, le groupe qui a mené la campagne dans la ville d’Oakland et qui porte bien son nom, est maintenant le fer de lance de campagnes similaires menées dans près de 100 autres villes. Chicago, Berkeley et Dallas sont les prochaines villes à envisager la décriminalisation des psychédéliques.

Un groupe distinct travaille à la qualification d’une mesure à l’échelle de l’État pour le scrutin de 2020 en Oregon qui légaliserait la psilocybine à des fins thérapeutiques. De plus, des militants de Portland ont commencé à recueillir des signatures le mois dernier pour une mesure locale qui décriminaliserait un large éventail de psychédéliques comme la mescaline et l’Ayahuasca.

Pendant ce temps, les activistes californiens visent à faire inscrire sur le bulletin de vote une initiative visant à légaliser la psilocybine pour l’usage par des adultes.

Le mouvement en faveur des psychédéliques est également en train d’atteindre la campagne présidentielle, le candidat démocrate Andrew Yang ayant déclaré le mois dernier qu’il voulait rendre les champignons à base de psilocybine “plus librement disponibles“, en particulier pour les vétérans de l’armée.

 

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Article original : Matt Saintsing /marijuanamoment.net 

Crédit illustration : Autumn Skye

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