Votre mot de passe vous sera envoyé.

L’analyse des données et les cartographies de l’expression génétique confirment le rôle du récepteur 5-HT2A dans les effets du LSD.

Dans une étude publiée dans la revue eLIFE d’octobre 2018, les chercheurs ont présenté un rapport qui a permis d’identifier les récepteurs du cerveau responsables des effets du diéthylamide de l’acide lysergique (LSD).1 Cette étude à double insu, randomisée et contrôlée par placebo a été réalisée sur 24 volontaires humains en bonne santé.

Des méthodes de pointe

Les chercheurs ont étudié les effets du LSD sur les récepteurs du cerveau à l’aide d’une méthode fondée sur les données appelée Global Brain Connectivity (GBC) et l’ont comparé aux cartographies corticales des expressions génétiques. Les résultats ont montré que le LSD augmentait la connectivité thalamique somatosensorielle et la connectivité globale du cerveau. Dans le même temps, le LSD a réduit la connectivité associative. En d’autres termes, le LSD a diminué les connexions dans le cerveau qui régissent les processus cognitifs et augmenté l’activité dans les zones qui sont associées aux fonctions sensorielles.

Le test GBC a également révélé que l’aire somatomotrice du cerveau (qui contrôle les mouvements du corps) était associé aux effets subjectifs ressentis par les volontaires. Les volontaires qui ont connu une connectivité accrue dans la zone de l’aire somatomotrice du cerveau ont rapporté des effets subjectifs plus élevés de félicité, de désincarnation et d’expérience spirituelle. Les auteurs de l’étude ont noté que ces résultats corroboraient des résultats antérieurs indiquant un lien étroit entre l’état psychédélique induit par le LSD et la connectivité de l’aire somatomotrice.

L’autre grande conclusion de l’étude portait sur l’effet spatial du LSD qui sur l’ensemble du cerveau correspondait aux cartographies d’expression génétique corticale du récepteur 5-HT2A chez les humains. C’est la première fois que des chercheurs constatent une correspondance entre les profils d’expression génétique et les effets pharmacologiques in vivo chez l’humain. Les chercheurs ont utilisé la kétansérine, un antagoniste sélectif des récepteurs 5-HT2A, pour bloquer les effets du LSD et confirmer qu’il était responsable de ces effets, y compris les effets subjectifs.

Cette étude s’appuie sur les travaux pionniers de chercheurs comme Albert Hofmann. Elle s’ajoute à la base de connaissances des voies fonctionnelles des substances psychotropes comme le LSD et la psilocybine.

    REFERENCES

  1. Preller KH, Burt JB, Ji JL, et al. Changes in global and thalamic brain connectivity in LSD-induced altered states of consciousness are attributable to the 5-HT2A receptor. Hunt LT, Behrens TE, eds. eLife. 2018;7:e35082. doi:10.7554/eLife.35082