Les Psychédéliques M’Ont Sauvé La Vie. Alors Pourquoi Ne Sont-Ils Pas Prescrits Sur Ordonnance ?

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    Khaliya, défenseure de la santé mentale, met l’accent sur les preuves qui montrent que les psychédéliques comme la psilocybine, le principe actif des champignons dits magiques, pourraient transformer notre façon de traiter la santé mentale.

    Le monde est en proie à une crise de santé mentale, alors que la dépression et la démence touchent de plus en plus de personnes.

    En mars 2017, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré que la dépression était la principale cause de problèmes de santé et d’invalidité dans le monde. Plus de 300 millions de personnes en souffrent, soit une augmentation de plus de 18 % entre 2005 et 2015. Mais l’aide est à portée de main – si nous parvenons à l’atteindre et à la saisir.

    Un groupe de substances longtemps considérées comme taboues est sur le point de transformer la façon dont nous traitons la santé mentale. Des recherches récentes suggèrent que les psychédéliques – autrefois considérés comme une relique des hippies des années 60 – pourraient s’avérer de puissants outils non seulement pour traiter, mais aussi potentiellement guérir, de nombreux problèmes de santé mentale considérés comme chroniques.

    Les psychédéliques font quelque chose que nos médicaments psychiatriques actuels ne peuvent pas faire : transformer des schémas neuronaux solidement ancrés et “rerouter” l’architecture même du cerveau, tout cela parfois en une seule dose. Roland Griffiths, professeur dans les départements de psychiatrie et de neurosciences de l’Université Johns Hopkins dans le Maryland, a comparé la capacité des psychédéliques à provoquer cette réorientation neuronale à une “intervention chirurgicale”.

    Prenez la psilocybine par exemple, mieux connue sous le nom de champignons magiques. Selon David Nutt, professeur de neuropsychopharmacologie à l’Imperial College de Londres, une dose unique de psilocybine est en mesure de réaliser “en 30 secondes ce que les antidépresseurs prennent trois ou quatre semaines à faire”.

    Une étude publiée dans le Journal of Psychopharmacology sur des personnes souffrant d’anxiété causée par une maladie potentiellement mortelle suggère que la psychothérapie accompagnée de LSD a réussi chez presque 70 % des sujets, les effets positifs ayant duré plus d’un an et n’ont provoqué aucune réaction indésirable durable.

    Étant donné les résultats extrêmement positifs de ces études, on pourrait penser que l’utilisation clinique des psychédéliques représenterait un changement radical dans notre approche du traitement de la santé mentale. Mais, malheureusement, les préjugés sociétaux désuets à l’égard des psychédéliques se révèlent être un handicap de taille, entravant la recherche et empêchant beaucoup de personnes dans le besoin d’en récolter les fruits.

    Une législation antidrogue stricte, qui criminalise toujours l’usage de ces substances, a poussé les traitements psychédéliques assistés à la clandestinité : à moins d’être parmi les rares chanceux acceptés dans un essai clinique, vos seules options sont de trouver un praticien non autorisé, de tenter de vous soigner par vous-même de manière illégale ou de vous déplacer là où ces substances sont autorisées.

    C’est exactement ce que font de plus en plus de personnes et, au cours des derniers mois, une foule d’articles ont été publiés sur le sujet, ce qui a suscité la curiosité sur le potentiel des psychédéliques. En avril de cette année, plus de 3 000 personnes de partout dans le monde ont assisté à la Psychedelic Science Conference en Californie pour s’informer des progrès récents. Bien qu’il soit encourageant de constater qu’un plus grand nombre de personnes trouvent un soulagement, l’expérimentation improvisée n’est pas la voie à suivre. Nous devons intégrer cette recherche dans la culture dominante, garantir un financement adéquat et protéger les facilitateurs bien intentionnés des poursuites pénales.

    Je devrais le savoir. J’ai déjà été victime d’un vol avec violence qui m’a brisée. Par désespoir, je me suis tournée vers la psychothérapie psychédélique. Ça m’a sauvé la vie.

    Partout dans le monde, les pratiques de santé mentale ont désespérément besoin d’être révisées, et les psychédéliques pourraient bien être l’outil qu’il nous faut pour réaliser ce changement fondamental – et indispensable. Je crois que la santé mentale est un droit fondamental et, à ce titre, il est de notre devoir de soutenir et de financer la science.

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