Psilocybine Et Fin De Vie

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La mort est quelque chose que nous avons tous en commun. Bien que nous pensons tous à la mort à différents degrés et pour différentes raisons, c’est quelque chose qui nous lie tous ensemble. Nous pouvons tous éprouver de l’empathie face à la peur de la mort, même si la plupart d’entre nous n’y ont pas fait face avec autant d’acuité que les autres.

Les personnes souffrant de maladies potentiellement mortelles sont peut-être celles qui ont la relation la plus traumatisante avec la mort. Savoir que vous n’avez plus que quelques mois ou quelques semaines à vivre produit une crise existentielle d’une énorme intensité. Chez de nombreux patients, cela signifie anxiété et dépression, ce qui rend la dernière partie de leur vie terriblement angoissante.

Récemment, les psychiatres et les thérapeutes se sont tournés vers la psilocybine comme remède potentiel contre l’anxiété en fin de vie. Les psychiatres savent depuis un demi-siècle que les psychédéliques peuvent souvent offrir une nouvelle perspective sur la vie grâce à une expérience profonde et mystique.

En fait, les premières études des années 60 et 70 suggéraient que les psychédéliques pourraient réduire l’anxiété en fin de vie et aider les patients atteints d’un cancer en phase terminale à accepter leur mort.

Ouvrir la voie à la psychothérapie psychédélique

Aujourd’hui, les chercheurs se penchent de nouveau sur l’utilisation des psychédéliques en psychothérapie. Une étude pilote menée en 2011 a recruté 12 patients atteints d’un cancer en phase terminale et souffrant d’anxiété ou de troubles de stress et leur a donné deux séances de thérapie de six heures.

Au cours d’une séance, on leur a administré une faible dose de psilocybine (0,2 mg/kg) et un placebo inactif à deux semaines d’intervalle. Avant et après ces séances, ils ont été testés sur plusieurs échelles de dépression, d’anxiété et de stress. Comparativement aux séances placebo, les séances de traitement à la psilocybine ont réduit les scores d’anxiété et de dépression du patient, même si les différences n’étaient pas statistiquement significatives.

Six mois plus tard, après les deux séances de thérapie, les scores de dépression et d’anxiété ont été significativement réduits. Bien que cela ne soit pas directement attribuable à l’ingestion de psilocybine (il est possible que la thérapie seule ait entraîné ces améliorations à long terme), les réductions initiales des scores d’anxiété produits par la psilocybine suggèrent qu’elle avait un rôle important à jouer.

Cette étude (et une autre étude similaire utilisant le LSD) a suscité un intérêt accru pour l’utilisation des psychédéliques dans le traitement de l’anxiété en fin de vie. Très récemment, deux études de grande envergure ont été publiées et confirment l’efficacité de la psilocybine pour réduire la dépression associée aux maladies en phase terminale.

Nouvelle recherche sur la thérapie de fin de vie

La première nouvelle étude, menée par Stephen Ross et ses collègues de New York, a recruté 29 personnes atteintes d’un cancer qui leur causait anxiété et dépression. La moitié des participants ont reçu une dose modérée de psilocybine (0,3 mg/kg) et l’autre moitié un placebo actif (niacine). Tous les participants ont ensuite assisté à une séance de psychothérapie de huit heures dispensée par deux thérapeutes cliniciens.

Un jour après la séance, les participants qui avaient reçu de la psilocybine présentaient une réduction significative des scores d’anxiété et de dépression comparativement au groupe placebo actif. Ce changement positif dans l’état mental du participant a été maintenu pendant 26 semaines après la séance de thérapie. En plus des changements cliniquement significatifs, la psilocybine a produit des sentiments de spiritualité, de bien-être et de satisfaction.

La deuxième étude, menée par Roland Griffiths et ses collègues de Baltimore, portait sur 51 patients atteints d’un cancer souffrant d’anxiété ou de dépression clinique. Les participants ont été divisés en deux groupes et tous ont reçu de la psilocybine dans un environnement calme, en présence de deux moniteurs de soutien formés. Un groupe a reçu une faible dose de psilocybine (3 mg) et l’autre, une dose élevée (30 mg).

Cinq semaines après l’expérience, les participants du groupe recevant la dose élevée avaient réduit de façon significative leurs scores de dépression et d’anxiété, et ces effets positifs ont duré au moins six mois après la séance. Les participants ont déclaré que cette expérience était extrêmement significative, spirituelle et qu’elle améliorait leur sentiment de bien-être.

Aucune des deux études n’a fait état de dommages associés aux psychédéliques lorsqu’ils sont administrés dans un environnement thérapeutique contrôlé. Les résultats sont incroyablement prometteurs, compte tenu du fait que ces études portent sur des groupes de taille raisonnable et qu’elles présentent des avantages cliniquement significatifs. En fait, les effets de la psilocybine sur la dépression semblent être beaucoup plus importants que les antidépresseurs classiques.

Que signifie cette nouvelle recherche ?

Beaucoup d’entre nous connaissent quelqu’un qui souffre d’une maladie grave. Et il est probable que la plupart de ces gens éprouvent de la détresse ou de l’anxiété à l’idée de laisser leurs proches derrière eux. Peut-être leur médecin leur administre-t-il des antidépresseurs – mais il s’agit le plus souvent de médicaments ISRS, qui ne sont que modérément efficaces, nécessitent des doses fréquentes et produisent d’horribles effets secondaires. Les antidépresseurs typiques ne traitent pas non plus le problème comme un problème personnel. Ils traitent l’anxiété en fin de vie comme un déséquilibre chimique et ne prennent pas en compte les problèmes personnels et spirituels du malade.

Les psychédéliques semblent surpasser les médicaments pharmaceutiques comme les ISRS. Les doses uniques de psilocybine ont montré une plus grande amélioration des scores de dépression que les antidépresseurs classiques, qui ont duré des mois. Peut-être plus important encore, les patients ont souvent déclaré qu’ils avaient vécu des expériences spirituelles significatives et qui avaient changé leur vie. Ils ont vu la racine de leur anxiété, et cela leur a permis de faire face à la mort.

C’est une constatation profonde. Pris dans le bon contexte, avec le bon soutien, les psychédéliques pourraient tous nous aider à faire face à notre propre mortalité. Ils pourraient nous aider à apprendre à accepter notre destin et à vivre une vie plus épanouie. Surtout pour ceux qui souffrent d’une terrible maladie, cela pourrait être un beau cadeau.

Si quelqu’un dans notre société mérite tous les soins et le réconfort possibles, c’est bien les gens qui souffrent de maladies qui mettent leur vie en danger. Il semble profondément répréhensible de leur refuser des soins palliatifs potentiels, d’autant plus que nous pouvons tous avoir de l’empathie face à la peur de la mort. Nous devrions toujours chercher des moyens d’atténuer cette peur chaque fois que possible – et les psychédéliques pourraient faire partie de la solution.

 

SOURCE

How To Have A Better Death With Psilocybin Mushrooms

Traduction EXTACIDE

 

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